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30 bonnes raisons de stopper Amazon

Lundi 30 novembre 2020, par Attac France

En panne d’arguments dans vos repas de famille ? Besoin de sources et données sur les méfaits d’Amazon ? Découvrez dans cet article 30 bonnes raisons de stopper Amazon avant qu’il ne soit trop tard.

Vous voulez participer à la mobilisation ? Téléchargez les visuels #StopAmazon ou faites un don pour soutenir la campagne.

30 bonnes raisons de stopper Amazon

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Nous, plateformes coopératives, nous levons face à Amazon et les autres

Tribune collective signée par les principales plateformes coopératives appelant à un soutien de leur modèle face aux monopoles numériques que sont Amazon, Uber etc…

Cosignataires :
Bérengère Batiot, responsable développement & communication de CoopCircuits
Emmanuele dal Carlo, cofondateur et président de Fairbnb.coop
Eric  Laclaverie, vice-président de CoopCycle
Adrien Montagut, cofondateur de Commown 
Julien Noé, fondateur de Enercoop
Pierre Paquot, cofondateur de TeleCoop
Maud Sarda, cofondatrice et directrice de Label Emmaüs
Bastien Sibille, cofondateur et président de Mobicoop

Les plateformes numériques géantes comme Amazon, Uber, Airbnb ou Deliveroo ont-elles un impact positif sur le monde du travail ? Contribuent-elles de façon juste à l’impôt ? Respectent-elles nos territoires et leurs systèmes écologiques ? Non, trois fois non. Devons-nous nous résigner à subir les dégradations qu’elles nous infligent ? Pas nécessairement. 

D’autres formes de plateformes numériques sont possibles. On peut tout à fait construire des plateformes qui paient l’impôt là où elles produisent de la valeur, qui intègrent les collectivités territoriales et les utilisateur.rice.s à leurs démarches, qui respectent les hommes et les femmes qui travaillent avec elles, qui protègent les écosystèmes en ne poussant pas à la sur-production économique…

Plusieurs de ces plateformes existent déjà, généralement sous forme coopérative : CoopCircuits donne accès à des produits en circuits courts, CoopCycle fait de la logistique pour les livraisons à vélo, Fairbnb.coop s’occupe du logement, Label Emmaüs permet d’acheter des objets d’occasion, Mobicoop et Railcoop de se déplacer de façon durable. Pour compléter cette chaîne positive, Commown et TeleCoop commercialisent des produits numériques et des forfaits téléphoniques plus responsables qui permettent l’accès aux plateformes et Enercoop fournit l’énergie durable nécessaire pour faire fonctionner serveurs et terminaux.

Alors, chiche ? Prêt.e.s à sortir de l’incantation et de la dénonciation des monopoles numériques ? A soutenir ces plateformes dans leur passage à l’échelle et construire les alternatives tant attendues aux monopoles numériques ?

Ici, à chacun.e de prendre ses responsabilités. Les collectivités locales sont cruciales pour faire vivre les démarches sur les territoires. L’Etat doit jouer son rôle en s’opposant avec fermeté aux situations de monopole des grandes plateformes et en donnant un cadre légal favorable aux plateformes coopératives. Les mutuelles ou les banques coopératives peuvent aider à structurer financièrement et donner de la visibilité auprès de leurs sociétaires. Les utilisateur.rice.s ont, en quittant massivement les plateformes géantes pour gagner les plateformes coopératives, le pouvoir de changer le cours des choses.

Chacune de nos plateformes est extrêmement lucide : nous sommes de petits bateaux face aux colossaux vaisseaux que sont les grandes plateformes numériques. Mais il ne fait plus de doute que les utilisateur.rice.s attendent des alternatives et nous sommes celles-ci ! Soutenez-nous !

Par Bastien Sibille, un article publié sur Mediapart le 1er décembre 2020.

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Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon

Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon. Son monde est à l’opposé de celui que nous défendons. Nous ne voulons pas voir les villes se vider pour devenir des cités-dortoirs hyperconnectées. Amazon est le fer de lance du saccage des rapports humains et de l’artificialisation de la vie. Nous devons, sans attendre, boycotter et saboter son monopole.

Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon. Les conditions de travail dans ses entrepôts et en dehors (bas salaires, précarité, cadences exténuantes, pauses réduites, management électronique, chasse aux syndicalistes), son impact écologique (destruction des invendus, bétonisation, utilisation massive d’énergie pour les frets aériens et routiers), l’enrichissement démesuré de son patron et de ses actionnaires sont autant de marques du cynisme du modèle économique et social défendu par cette multinationale.

Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon. Les librairies sont des lieux de rencontre, d’échange critique, de débat, de proximité. Un livre doit pouvoir être défendu auprès de ses lecteurs·rices par un·e libraire, un·e éditeur·rice, un·e auteur·rice et ne pas être invisibilisé par les « meilleures ventes du moment ». Nous ne voulons pas remplacer les conseils d’un·e libraire par ceux d’un algorithme, ni collaborer à un système qui met en danger la chaîne du livre par une concurrence féroce et déloyale.

Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon. Diffuser de la pensée critique ne peut se faire par ce type de plateforme. Si nous lisons, publions et défendons des textes, c’est pour affûter nos imaginaires et donner corps à nos refus comme à nos convictions. Nous ne sacrifierons pas notre idée du livre pour un compromis financier. Nous ne nous laisserons pas imposer un futur uniforme et impersonnel.

Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon. Avatar d’un système global, Amazon représente un monde dont nous ne voulons pas et avec lequel il est grand temps de rompre.

Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon et appelons l’ensemble des maisons d’édition et acteurs·rices de la chaîne du livre à nous rejoindre dans cet engagement.

Signataires : Hobo Diffusion, Éditions Divergences, Éditions la Tempête, Nada éditions, Éditions du commun, L’œil d’or, Les Éditions sociales, La Dispute, Éditions Grevis, Éditions Ixe, La Lenteur, Le Monde à l’envers, Panthère première, Tendance Négative, Audimat, Éditions des Mondes à faire, Éditions du bout de la ville, Huber éditions, Archives de la zone mondiale, Smolny, Otium, Ici-bas, Éditions Pontcerq, Faces cachées éditions, Serendip livres, Paon Diffusion, Les Éditions libertaires, Gruppen, Black star (s)éditions, Le Chien rouge, Rue des Cascades, Éditions Dépaysage, Éditions Goater, HumuS, Homo Habilis, Tahin Party, L’atinoir, Éditions Adespote, Éditions Blast, Asinamali, Éditions Daronnes, Les Éditions de la Roue, Éditions Noir et Rouge, Les Nuits rouges, Jef Klak, Premiers matins de novembre, Les Éditions de l’Éclisse, Même pas mal.

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« Stopper Amazon avant qu’il ne soit trop tard » : l’appel de plus d’une centaine d’ONG, de syndicalistes, de citoyens et d’élus

Nous affrontons une crise sans précédent qui a une nouvelle fois révélé les profondes inégalités de notre société. Les « premiers de corvées », très majoritairement des femmes, risquent leurs vies au quotidien, des dizaines de milliers de personnes ont perdu ou vont perdre leur emploi et un million de personnes supplémentaires sont passées sous le seuil de pauvreté en France.

Mais tout le monde n’est pas affecté de la même manière. Amazon, le géant du e-commerce, apparaît comme le grand gagnant de la crise. Depuis le début de l’année 2020, ses ventes ont explosé et la fortune de Jeff Bezos a dépassé les 200 milliards de dollars.

Et tant pis si cela se fait au prix de 20 000 salariés contaminés par le Covid, d’une explosion du nombre de produits importés, du recours à des modes de transports polluants qui se conjuguent à des dérogations au temps de conduite des chauffeurs routiers prises par décret, de la destruction de milliers d’emplois dans les commerces de proximité, d’une évasion fiscale massive, ou de l’artificialisation des terres pour construire 19 nouveaux entrepôts en France.

Ce développement accéléré se fait aux dépens des engagements climatiques de notre pays. En permettant de tout acheter « en un clic », Amazon favorise en réalité la multiplication d’achats superflus et suremballés, consommateurs de ressources et émetteurs de CO2.

Dans le même temps chez Amazon, les revendications salariales sont balayées d’un revers de main, les demandes de primes exceptionnelles liées à l’augmentation de l’activité sont refusées (alors qu’elles existaient lors du premier confinement), tout comme le maintien du salaire pour celles et ceux qui doivent être confinés.

Et tant pis si cela se fait au prix de 20 000 salariés contaminés par le Covid, d’une explosion du nombre de produits importés, du recours à des modes de transports polluants qui se conjuguent à des dérogations au temps de conduite des chauffeurs routiers prises par décret, de la destruction de milliers d’emplois dans les commerces de proximité, d’une évasion fiscale massive, ou de l’artificialisation des terres pour construire 19 nouveaux entrepôts en France.

Ce développement accéléré se fait aux dépens des engagements climatiques de notre pays. En permettant de tout acheter « en un clic », Amazon favorise en réalité la multiplication d’achats superflus et suremballés, consommateurs de ressources et émetteurs de CO2.

Dans le même temps chez Amazon, les revendications salariales sont balayées d’un revers de main, les demandes de primes exceptionnelles liées à l’augmentation de l’activité sont refusées (alors qu’elles existaient lors du premier confinement), tout comme le maintien du salaire pour celles et ceux qui doivent être confinés.

« Un monde d’après pire qu’avant »

Avec le second confinement et la fermeture de nombreux petits commerces, Amazon se frotte une nouvelle fois les mains. Pire, Emmanuel Macron lui déroule le tapis rouge ! Non seulement il se refuse à stopper les projets en cours d’entrepôts, centres de tri et agences de livraison, mais il a décidé d’interdire à tout le monde de vendre des produits non essentiels sauf… aux géants de la vente en ligne !

En faisant ce choix, le président dessine un monde d’après pire qu’avant. Celui d’un capitalisme sécuritaire dominé par les GAFA, ces géants du e-commerce et de la vie numérique. Celui d’une multinationale en train d’asseoir son monopole dans la vente de milliards de produits en détruisant la vie sociale locale, une multinationale qui détruit 4,5 emplois lorsqu’elle en crée un, qui remplace progressivement ses salariés par des robots et qui a recours à des milliers de travailleurs précaires pour livrer ses produits. Conscients de ces dangers, les membres de la Convention citoyenne pour le climat ont proposé un moratoire sur la construction de nouvelles surfaces commerciales, mais Emmanuel Macron et son gouvernement font tout pour que les entrepôts de e-commerce en soient exclus.

Les faveurs accordées par le Président au géant de Seattle ne sont pas nouvelles mais, avec la crise et le confinement, Amazon menace la survie même de l’ensemble du secteur du commerce.

Elle se traduirait également par la distribution de 2 milliards de produits supplémentaires par an et nous enfoncerait encore plus dans le chaos climatique.

La crise du Covid devrait nous servir à repenser en profondeur nos modes de consommation et de vie sociale, pas à nous enfoncer dans un monde de surconsommation prédateur. D’où l’importance d’un moratoire pour nous permettre de réfléchir à des alternatives en matière d’emploi et de développement de la vie locale compatibles avec les enjeux climatiques et sanitaires. Le vote de la « loi CCC » (Convention citoyenne pour le climat) est la dernière opportunité pour stopper cette expansion avant que les dégâts ne soient irréversibles.

Pour faire face à l’urgence, une taxe exceptionnelle sur le chiffre d’affaires d’Amazon et des autres profiteurs de la crise est également indispensable. Elle permettrait dans l’immédiat de financer les mesures de préservation de l’emploi et le fonds de solidarité pour les commerces de proximité.

La fronde qui monte partout en France doit encore s’amplifier, car le monde rêvé par Amazon est en totale contradiction avec la profonde aspiration à des vies décentes sur une planète vivable. C’est la raison pour laquelle nous nous mobiliserons d’ici au 27 novembre prochain, date du “Black Friday”, pour montrer l’urgence de stopper l’expansion du géant du e-commerce avant qu’il ne soit trop tard.


Les signataires

Angaut Jean-Christophe, philosophe et traducteur, Aubry Manon, députée européenne, Autain Clémentine, députée LFI de Seine-Saint-Denis, Azam Geneviève, essayiste, Baujard Jacques et Giacomoni Fred, librairie Quilombo à Paris, Bayou Julien, secrétaire national d’EELV, Benbassa Esther, sénatrice écologiste de Paris, Benguigui Pia, présidente du Réseau français des étudiants pour le développement durable (Refedd), Bernalicis Ugo, député LFI du Nord, Blanchard Luc, adjoint à la mairie du Meux (60), trésorier régionale d’EELV Picardie , Bompard Manuel, député européen (groupe de la Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique), Bruneel Alain, député Gauche démocrate et républicaine du Nord, Bossuyt Arnaud, documentaliste, Snac-FSU, Bousquet Alain, économiste, Caillaud Mathieu, conseiller municipale délégué LFI Saint-André-de-Cubzac (33), Bénéteau Chloë, librairie Floury Frères, Toulouse, Camboulives Bernard, collectif En commun pour Belfort, Cervantes Descubes Evelyne, Conseillère municipale à la mairie de Bordeaux, Casenave-Camgaston Alexandra, librairie des Editeurs associés, Cassen Bernard, ancien directeur général du « Monde diplomatique », Chaibi Leïla, députée européenne (groupe de la Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique), Chamoux Émilie, conseillère municipale d’opposition, Nevers (58), Chaineaud Christel, ingénieur d’études et docteur en histoire du droit, Chassaigne André, président du groupe Gauche démocrate et républicaine, député du Puy-de-Dôme, Chauche Florian, conseiller municipal à Belfort, Clinckemaillie Dominique, conseillère municipale EELV à Beauvais (60), Chauvin-Degenne Vanessa, scénariste et réalisatrice, De Poorter Jacqueline, conseillère municipale à Gentelles (80), Coubard Etienne, porte-parole d’ANV-COP21, Damasio Alain, écrivain, Dharréville Pierre, député Gauche démocrate et républicaine des Bouches-du-Rhône, de Ronne Luc, président d’ActionAid France, Deltombe Camille, éditrice aux Editions de l’Atelier, Deltour Antoine, lanceur d’alerte LuxLeaks, Dossus Thomas, sénateur EELV du Rhône, Dubois Clémence, responsable France pour 350.org, Dufrègne Jean-Paul, député Gauche démocrate et républicaine de l’Allier, Duteil Simon, co-délégué de l’Union syndicale Solidaires, Etcheverria Magali, Bizi !, Faburel Guillaume, géographe, université Lyon 2, Ferrari Sylvie, maître de conférences en économie, Fiat Caroline, députée LFI de Meurthe-et-Moselle, Flandin Maya, directrice Librairie Vivement dimanche (Lyon), Flipo Fabrice, philosophe, Fournié-Turquin Brigitte, conseillère départementale EELV de l’Aisne , Gaïji Khaled, président des Amis de la Terre, George Susan, présidente du Transnational Institute, Girod Nicolas, porte-parole de la Confédération paysanne, Godard Stéphane, conseiller municipal de Montataire (60), Goodall Glyn, adjoint au maire, Saint-Ciers-sur-Gironde (33), Guignard Nicoline, En commun pour Belfort, Hamard Juliette, En commun pour Belfort, Harribey Jean-Marie, économiste, Henneguelle Anaïs, maîtresse de conférences en économie, université de Rennes 2, Heren Élodie, conseillère municipale EELV, Molliens-au-Bois (80), Hermann Marie, éditrice, Éditions Hors d’atteinte, Julliard Jean-François, directeur général de Greenpeace France, Jumel Sébastien, député Gauche démocrate et républicaine de Seine-Maritime, Kerckhove Stéphen, délégué général d’Agir pour l’Environnement, Lachaud Bastien, député LFI de Seine-Saint-Denis, Larive Michel, député LFI de l’Ariège, Larrère Mathilde, historienne, Latrille Guillaume, élu d’opposition à Villenave-d’Ornon (33), Lecoq Jean-Paul, député Gauche démocrate et républicaine de Seine-Maritime, Marinopoulos Sophie, cofondatrice des éditions Les Liens qui libèrent, Marolleau Jean-Louis, secrétaire exécutif réseau Foi & Justice Afrique-Europe, antenne France., Martinez Philippe, secrétaire général de la CGT, Massiah Gustave, militant altermondialiste, Menanteau Cécile et Schiano de Colella Géraldine, cogérantes de la librairie Les Bien-Aimés, Nantes, Mettai Gil, secrétaire régional EELV Picardie, Michaud Fabrice, secrétaire général de la fédération CGT Transports, Michel Stephanie, conseillère municipale de Fontenay-sous-Bois (94), Moroni Tatiana et Guichon Amandine, libraires, Mélenchon Jean-Luc, député LFI de Marseille, Ngo Philippe, éditions Moltogone, Obono Danièle, députée LFI de Paris, Olivier Maneiro, conseiller municipal LFI à Saint-Estèphe, Omarjee Younous, député européen (groupe de la Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique), Panot Mathilde, députée LFI du Val-de-Marne, Pelletier Anne-Sophie, députée européenne (groupe de la Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique), Perrin Emmanuel, conseiller municipal de Creil (Oise), Peu Stéphane, député Gauche démocrate et républicaine de Seine-Saint-Denis, Piolle Eric, maire EELV de Grenoble, Pires-Beaune Christine, députée PS du Puy-de-Dôme , Pochon Marie, secrétaire générale Notre Affaire à Tous, Poncet Monge Raymonde, sénatrice EÉLV, Potier Dominique, député PS de Meurthe-et-Moselle, Potier Julie, directrice générale de Bio Consom’acteurs, Poulain Paul, Emancipation collective, Prud’homme Loïc, député LFI de la Gironde, Quatennens Adrien, député LFI du Nord, Quintin Guillaume, secrétaire national du Parti de Gauche, conseiller municipal de Guerville, Regnaud-Nassar Mathilde, conseillère municipale En commun pour Belfort, Ressiguier Muriel, LFI députée de l’Hérault, Ribeiro Alexandre, conseiller municipal du collectif citoyen Cenon en commun à Cenon (33), Roby Agathe, conseillère municipale Archipel Citoyen à Toulouse, Romaggi Magali, co-animatrice du groupe Annecy Insoumise, La France insoumise, Roussel Fabien, député Gauche démocrate et républicaine du Nord, Roy Carine, conseillère municipale à Arnos (64), Rubin Sabine, députée LFI de Seine-Saint-Denis, Ruffin François, député LFI de la Somme, Salmon Daniel, sénateur EELV d’Ille-et-Vilaine, Schmitt René, conseiller municipal En commun pour Belfort, Seron Nina, conseillère municipale de Vitry-sur-Seine (94), Sterdyniak Henri, économiste, Les Economistes atterrés, Taurine Bénédicte, députée LFI de l’Ariège, Testart Jacques, biologiste, essayiste, Teste Benoit, secrétaire général de la FSU, Therouin Emilie, conseillère municipale d’opposition à Amiens, Thomas Pierre, président du Modef, Toussaint Marie, députée européenne (group des Verts-Alliance libre européenne), Trapp Karel, conseiller municipal En commun pour Belfort, Troadec Pascal, maire-adjoint de Grigny (91), Trouvé Aurélie, Pradeau Raphaël et Combes Maxime, porte-paroles d’Attac France, Trubert Henri, cofondateur des éditions Les Liens qui libèrent, Vernier Jean-Jacques, président du collectif En commun pour Belfort, Verret François, ingénieur agronome, Vignot Anne, maire EELV de Besançon, Wulfranc Hubert, député Gauche démocrate et républicaine de Seine-Maritime, Zafari Sophie, syndicaliste FSU

Un article publié sur franceinfo le 16 novembre 2020

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Amazon, accusé d’avoir enfreint les règles européennes de concurrence, visé par deux enquêtes de Bruxelles (article presse)

La Commission européenne soupçonne l’entreprise américaine de commerce en ligne de tirer profit des données de détaillants utilisant son site Internet, et de favoriser les offres de vendeurs tiers qui sollicitent ses propres services de logistique.

Amazon est une nouvelle fois dans la tourmente pour des soupçons de pratiques anticoncurrentielles. La Commission européenne a accusé, mardi 10 novembre, l’entreprise américaine de commerce en ligne d’avoir enfreint les règles européennes en matière de concurrence en tirant profit des données de détaillants indépendants qui utilisent son site de vente en ligne. Bruxelles a aussi, ce mardi, ouvert une seconde enquête : la Commission soupçonne un traitement préférentiel, par Amazon, des offres ou des vendeurs de sa place de marché qui ont recours à ses services de livraison et de stockage.

« La vente en ligne est devenue très importante, d’autant plus en ces temps de pandémie », a rappelé Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission. En France et en Allemagne, respectivement 80 % et 70 % des personnes qui ont recours à l’e-commerce ont acheté un produit chez Amazon au cours des douze derniers mois, a ajouté la commissaire.

La première enquête, désormais au stade de la « notification des griefs », se concentre sur le « rôle dual » d’Amazon : l’entreprise vend directement des produits sur son site Internet, mais elle met également à disposition de vendeurs indépendants une place de marché sur laquelle ils peuvent vendre aux consommateurs. Ce volet de la procédure prolonge une enquête préliminaire sur l’utilisation des données par Amazon, lancée en 2018 et transformée en enquête formelle en juillet 2019. « Les données relatives à l’activité des vendeurs tiers ne devraient pas être utilisées au bénéfice d’Amazon lorsque celle-ci agit en tant que concurrente de ces vendeurs », a expliqué Mme Vestager.

La part du lion

Dans ce premier volet, la Commission a un peu élargi son approche : « Il ne s’agit pas de reprocher à Amazon l’utilisation d’informations concernant un vendeur unique, mais plutôt l’accès à une grande quantité de données accumulées, très précises et disponibles en temps réel. Celles-ci pourraient permettre à Amazon de décider plus facilement quel produit lancer, à quel prix, etc. L’entreprise prendrait ainsi moins de risques que les autres vendeurs », a exposé la commissaire. En tant que place de marché, Amazon a en effet connaissance des commandes, des livraisons, des revenus, du nombre de visites, des réclamations ou des activations de garantie sur tous les produits, a énuméré Mme Vestager.

Amazon a toujours affirmé ne pas utiliser d’informations sur les vendeurs individuels et seulement consulter des données « agrégées ». Un article du Wall Street Journal a pourtant prouvé, en avril, que des employés avaient enfreint cette règle et consulté des données sur des produits précis, avant qu’Amazon lance des offres concurrentes. Le fondateur, Jeff Bezos, a assuré qu’il avait alors lancé une enquête interne.

Pour prouver qu’il y a bien dysfonctionnement et distorsion de concurrence, Mme Vestager a affirmé mardi qu’Amazon s’arrogeait la majorité du montant des ventes dans certaines catégories de produits, tout en ne proposant qu’une minorité de l’inventaire disponible, parfois 10 %. « Les vendeurs semblent fournir la quantité, qui attire sur Amazon les clients, certains de trouver ce qu’ils cherchent. Mais Amazon se réserve la part du lion des revenus », a-t-elle commenté.

La seconde procédure annoncée mardi est à un stade moins avancé, celui de l’enquête formelle. Elle concerne la « buy box » : ce bouton rectangulaire jaune, placé à droite des fiches des produits, permet d’acheter en un clic un article auprès de l’un des vendeurs qui le proposent. Etre choisi pour la « buy box » est « crucial », a expliqué la commissaire, car 80 % des transactions de la plate-forme passent par ce bouton.

« Centaines de milliers d’emplois »

Bruxelles soupçonne Amazon de favoriser ses offr es et celles des vendeurs tiers qui utilisent ses services de logistique, c’est-à-dire l’accès à ses entrepôts de stockage et à ses capacités de livraison. C’est un point très important de l’activité du conglomérat de Jeff Bezos. Il peut, selon la Commission, fausser le jeu.

Par exemple, l’un des critères d’obtention de la « buy box » est la rapidité de livraison, mais il est très difficile, pour un vendeur, d’être inclus dans Prime, l’offre de livraison en vingt- quatre heures d’Amazon, sans utiliser ses services logistiques… Or, ces derniers sont payants et permettent à la place de marché de récupérer une part de valeur supplémentaire à sa commission de 15 % environ.

En réponse, Amazon a fait savoir, par commun iqué, son opposition à la procédure :

« Nous sommes en désaccord avec les affirmations préliminaires de la Commission européenne et nous ferons tout notre possible pour nous assurer qu’elle ait une parfaite compréhension des faits. Amazon représente moins de 1 % du marché mondial du commerce de détail, et il y a des détaillants plus importants dans chacun des pays où nous sommes présents. Plus de 150 000 entreprises européennes vendent par l’intermédiaire de nos boutiques en ligne. Elles génèrent des dizaines de milliards d’euros de revenus annuels et ont créé des centaines de milliers d’emplois. »

Jeff Bezos a aussi souvent martelé un contre-argument qui prouve selon lui que les vendeurs tiers ne sont pas désavantagés sur sa plate-forme : ils représentent désormais 58 % des ventes, contre 3 % en 1999. Les annonces de Mme Vestager surviennent au moment où la société américaine est accusée en France de profiter de la crise sanitaire et des mesures de reconfinement, qui contraignent de nombreux commerces à fermer leurs portes, tandis que la vente en ligne bat des records. Amazon a annoncé un triplement de son bénéfice net, à 6,3 milliards de dollars au troisième trimestre, une envolée de 38 % des recettes tirées de ses articles vendus en ligne, tandis que les ventes des marchands tiers utilisant sa plate-forme ont augmenté de 55 %.

Aux Etats-Unis, la Federal Trade Commission (FT C) – l’autorité de concurrence – enquête aussi sur le rôle de vendeur et de place de marché d’Amazon. La Commission européenne doit par ailleurs annoncer en décembre de nouvelles législations – Digital Markets Act et Digital Services Act – pour mieux encadrer et rendre plus transparentes les grandes plates-formes d’Internet, en mettant notamment à jour sa directive e-commerce, née en 2000. Ces textes pourraient leur interdire un ensemble de pratiques recensées sur une « liste noire », comme le favoritisme de leurs propres produits et services.

Par Alexandre Piquard , un article publié dans Le Monde du 10 novembre 2020.

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Comment la pieuvre Amazon menace-t-elle nos libraires ?

A l’occasion du Salon Livre Paris, le SLF traduit et diffuse en France le rapport de l’institut américain de recherche ILSR (Institute for local self-reliance) « Amazon, cette inexorable machine de guerre qui étrangle la concurrence, dégrade le travail et menace nos centres-villes. »

Le SLF dénonce de longue date la concurrence déloyale d’Amazon que subissent de très nombreux commerces et PME dont les librairies. Cet enjeu commercial justifie, à lui seul, la critique du modèle imposé par Amazon. 

Mais, aujourd’hui, le risque est encore plus grand car c’est notre modèle de société en tant que tel, notre relation au travail, nos libertés individuelles, notre capacité à vivre ensemble, qui se trouvent menacés par la stratégie tentaculaire d’Amazon. 

Face à un tel enjeu, il nous semble que les réactions sont bien timides quand elles ne se teintent pas d’une fascination pour la réussite commerciale foudroyante de cette multinationale américaine. En décryptant la stratégie d’Amazon et en pointant les menaces multiples que celle-ci entraîne, le rapport de l’ILSR veut susciter une prise de conscience du grand public ainsi que des responsables politiques, ces derniers étant appelés à réguler l’emprise d’Amazon avant que les dégâts économiques, sociaux, sociétaux et culturels ne soient irréversibles.

N’hésitez pas à diffuser largement ce rapport autour de vous. Pour ce faire, accédez :

Publié le 05/02/2020 par Le syndicat de la Libraire Française

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« Tensions maximales chez Amazon France, les syndicats appellent à la grève » (Article presse)

« Jamais les commandes n’ont été aussi importantes chez Amazon qu’en cette fin d’année. Pour y faire face, la direction a rendu obligatoire le travail le samedi 28 novembre et les trois suivants: 5, 12 et 19 décembre. En échange les salariés toucheront 37,5 euros bruts par samedi travaillé. Une décision qui a mis le feu au poudre: trois organisations syndicales –Sud (majoritaire), CGT et FO– viennent d’appeler à la grève illimitée à compter d’aujourd’hui sur tous les sites français d’Amazon. « Pendant la première vague, la direction avait fait un geste en nous augmentant de deux euros bruts par heure, mais cette fois-ci, ils ont refusé toutes nos demandes », s’indigne Gael Begot de la CGT. Seule compensation offerte par la direction: cinq minutes de plus de pause. « Nous avions demandé une prime exceptionnelle de 1.000 euros pour la charge du travail de fin d’année, la conversion massive des intérimaires en CDI et que le travail le week-end se fasse sur la base du volontariat mais la direction a rejeté toutes nos demandes », indique Christophe Boquet de FO. Il n’est pas certain que ce mouvement soit très suivi. Les mouvements sociaux le sont très rarement chez Amazon dont la culture syndicale reste très faible. Mais alors que la direction cherche à tout prix à redorer son image, cette grève tombe très mal. « 

Par Thiébault Dromard le 10.11.2020 à 12h10, dans le magazine Challenges : https://www.challenges.fr/economie/tensions-maximales-chez-amazon-france_736768